L'incertitude de la prévision de cyclones tropicaux

Introduction

Le centre de prévision des ouragans des États-Unis (National Hurricane Center; NHC) prévoit le trajet qu'un cyclone tropical pourrait suivre au cours des 5 prochains jours. Il estime aussi l'intensité du système. Quelle est la précision de ces prévisions? Dans cette leçon, nous étudierons les erreurs moyennes de prévision du NHC relativement à la trajectoire et à l'intensité des cyclones tropicaux. Pourquoi est-il si important de s'attarder aux erreurs de prévision? La compréhension des erreurs inhérentes et des incertitudes typiques relativement aux prévisions de trajectoires et d'intensité permet aux utilisateurs de se préparer adéquatement à subir les dangers et les impacts des cyclones tropicaux touchant la côte.

Question

L'image ci-dessous montre l'erreur moyenne des trajectoires en 1990 (cercle bleu) et en 2014 (cercle rouge). Si vous étiez un gestionnaire de situation d'urgence et que vous deviez connaître la position du centre de l'ouragan dans deux jours, sur quel cercle voudriez-vous compter? Veuillez choisir la meilleure réponse.

Erreurs moyennes de trajectoires pour le jour 2 (NHC), en 1990 et en 2014.

La bonne réponse est b.

En 2014, la zone où pourrait se trouver le centre du cyclone tropical s'est grandement amenuisée. Au lieu de couvrir la majeure partie de la côte du golfe du Mexique (cercle bleu), la zone se limite à la région englobant Pensacola et Mobile (cercle rouge). Étant donné l'amélioration de la prévision de trajectoires depuis 1990, le NHC a allongé de 12 heures le délai de veille et d'avertissement annonçant les tempêtes tropicales et les ouragans.

Gardez à l'esprit qu'un cyclone tropical n'est pas un point. La taille de la tempête n'est pas prise en compte ici et il est probable que les vents, l'onde de tempête et les pluies abondantes associés s'étendent bien au-delà du cercle. En outre, il est possible que le centre de la tempête se situe en dehors du cercle, puisque celui-ci représente l'erreur moyenne des trajectoires.

Veuillez choisir une réponse.

Pour apprécier la mesure de l'incertitude qui demeure dans la prévision de cyclones tropicaux, nous examinerons d'abord les erreurs de prévision relatives à la trajectoire, à la chronologie et à l'intensité.

À la fin de cette leçon, vous pourrez :

  • Expliquer l'utilisation du cône d'incertitude et l'information qu'il contient.
    • Décrire une interprétation erronée de l'utilité du cône d'incertitude.
  • Décrire l'influence des erreurs de trajectoire, de chronologie et d'intensité des cyclones tropicaux sur leurs impacts potentiels.
    • Décrire de quelle façon déterminer les erreurs de direction et de chronologie, et leur apport à l'erreur de la trajectoire.
    • Expliquer pourquoi la prévision du National Hurricane Center des États-Unis est moins précise pour les dépressions tropicales et les tempêtes tropicales de faible intensité que pour les ouragans.
    • Déterminer à quelle fréquence une erreur sur la trajectoire prévue est plus grande que la distance entre le cyclone tropical et le site visé.
  • Pour de longues échéances, communiquer la situation de façon générale, en raison de l'incertitude de la prévision.

La prévision de trajectoires de cyclones tropicaux dans le bassin atlantique

Les prévisions de trajectoires du National Hurricane Center des États-Unis se sont continuellement améliorées au cours des vingt dernières années. Le graphique ci-dessous montre cette amélioration. L'axe vertical représente l'erreur sur la prévision en milles marins et l'axe horizontal marque l'année. Notez l'amenuisement de l'erreur pour chacun des délais de prévision (lignes de couleurs différentes) entre 1990 et 2014.

Tendance des erreurs officielles de trajectoires (NHC) pour le bassin atlantique.

Le NHC vérifie chaque prévision de cyclone tropical qu'il émet. Comme les erreurs annuelles varient considérablement d'année en année, le NHC utilise un échantillon de 5 ans pour définir les caractéristiques des erreurs de prévision. Les produits comme les probabilités de vitesse du vent et les prévisions probabilistes d'ondes de tempêtes se fondent aussi sur les erreurs moyennes historiques sur 5 ans.

Erreurs moyennes officielles de trajectoires (NHC) pour les cyclones tropicaux du bassin atlantique.

Le graphique ci-dessus montre l'erreur moyenne des trajectoires que calcule le NHC pour les cyclones tropicaux du bassin atlantique. Dans les années 1970, l'erreur moyenne sur la prévision du jour 3 (72 h) s'élevait à près de 400 milles marins (ligne bleue). L'erreur sur la prévision du jour 3 a continué de diminuer au fil des décennies subséquentes, et ce, jusqu'à nos jours, où le délai de prévision atteint maintenant 5 jours. L'amélioration notable de la prévision de trajectoires nous vient largement des avancées récentes en matière de modèles numériques du temps.

La prévision de trajectoires de cyclones tropicaux dans le bassin atlantique » Les erreurs de prévision de trajectoires

La réduction des erreurs de prévision de trajectoires est très encourageante. Néanmoins, il ne faut pas oublier que la prévision de cyclones tropicaux demeure imparfaite. Examinez le graphique montrant les erreurs moyennes sur 5 ans (2010 à 2014) relativement aux trajectoires observées dans le bassin atlantique et répondez à la question ci-dessous.

Erreurs de trajectoires dans le bassin atlantique de 2010 à 2014.

Question

En moyenne, de combien de milles marins l'erreur augmente-t-elle pour chaque jour supplémentaire de prévision de trajectoires? Veuillez choisir la meilleure réponse.

La bonne réponse est c.

L'erreur moyenne des trajectoires augmente d'environ 40 milles marins par jour de prévision. Notez qu'à mesure que l'échéance de prévision augmente, les erreurs de trajectoires augmentent à un taux plutôt constant. La première période de 24 heures commence avec une erreur de trajectoires de 45 milles marins. Au jour 5, l'erreur de trajectoires s'élève à 210 milles marins. Ce graphique démontre que les prévisions actuelles comportent toujours un taux appréciable d'incertitude.

Veuillez choisir une réponse.

La création d'un cône d'incertitude

Le cône d'incertitude est un produit graphique qui sert à montrer l'incertitude de la trajectoire prévue d'un cyclone tropical. En fait, le NHC inclut la vérification des trajectoires dans plusieurs de ces produits, comme le cône d'incertitude, les probabilités de vitesse du vent et les probabilités d'ondes de tempête. Le graphique ci-dessous montre la distribution cumulative de l'erreur de trajectoires pour tous les cyclones tropicaux du bassin atlantique, de 2010 à 2014. Les lignes de couleurs représentent les divers délais de prévision.

Distribution cumulative de l'erreur officielle de trajectoires (NHC) pour les cyclones tropicaux du bassin atlantique, de 2010-2014 et 67e centile (ligne noire).

Le calcul du cône d'incertitude est fondé sur ces distributions, calculées sur cinq années. Le NHC utilise la valeur du 67e centile pour déterminer le rayon du cercle associé à chaque période de prévision qui forme le cône d'incertitude. Sur le graphique ci-dessus, la ligne noire représente la position du 67e centile. Les valeurs associées à ce centile figurent dans la légende, en haut à gauche. Ces valeurs représentent le rayon des cercles qui composent le cône d'incertitude de 2015 pour l'Atlantique. La longueur du rayon est mise à jour annuellement à partir de la distribution des erreurs des 5 dernières années. Puis la taille des cercles composant le cône qu'émet le NHC reste la même tout au long de la saison des ouragans. Le cône d'incertitude est formé en traçant ces cercles de probabilité autour de la position prévue du système, de la prévision de 12 heures à celle de 120 heures.

Trajectoire prévue de l'ouragan Irene (2011) d'après l'avis n° 12.

Quelle autre information la distribution cumulative des erreurs de trajectoires fournit-elle? Examinez la question suivante.

Question

Distribution cumulative de l'erreur officielle de trajectoires (NHC) pour les cyclones tropicaux du bassin atlantique, de 2010 à 2014.

Un ouragan se dirige vers votre région. La position prévue au jour 5 se situe à environ 400 milles marins d'une localité de votre région de responsabilité. À quelle fréquence l'erreur de prévision du NHC au jour 5 est-elle supérieure à 400 milles marins?

La bonne réponse est a.

Trouvez le point d'intersection entre la distribution cumulative des erreurs du jour 5 (120 heures; ligne bleue) et la distance de 400 milles marins. Le pourcentage cumulatif s'élève à 91 %. L'erreur de prévision reste donc inférieure à 400 milles marins 91 % du temps et supérieure à cette distance 9 % du temps.

Distribution cumulative de l'erreur officielle de trajectoires (NHC) pour les cyclones tropicaux du bassin atlantique, de 2010 à 2014 et évaluation de l'erreur sur 5 jours.
Veuillez choisir une réponse.

La création d'un cône d'incertitude » L'utilisation du cône d'incertitude

Nous examinons maintenant l'utilité du cône d'incertitude et certaines des idées fausses qu'il évoque.

Le cône d'incertitude représente la trajectoire probable du centre du cyclone tropical. Historiquement, le centre du cyclone tropical reste à l'intérieur du cône environ 60 à 70 % du temps. En d'autres mots, le centre se déplacera à l'extérieur du cône environ un tiers du temps. L'image ci-dessous montre un cône d'incertitude typique représentant le 67e centile de l'erreur de trajectoire des cyclones tropicaux.

Trajectoire prévue de la tempête tropicale Isaac (2012) d'après l'avis n° 4 et cône de 67 % de probabilité.

Bien que le cône ne fournisse pas d'information sur la répartition et l'impact potentiel des dangers (vent, onde de tempête, pluie diluvienne, tornade), il représente approximativement les régions côtières que visent les veilles et les avertissements de tempête tropicale et d'ouragan.

Question

Trajectoire prévue de la tempête tropicale Isaac (2012) d'après l'avis n° 4.

Lesquels des énoncés suivants peuvent être raisonnablement déduits à partir du cône d'incertitude de l'image ci-dessus? Choisissez tous les énoncés qui s'appliquent.

Les réponses c, e et f sont bonnes.

Le cône d'incertitude représente la région approximative de la côte qui fait l'objet de veilles ou d'avertissements divers, et la zone de déplacement probable du centre de la tempête tropicale. Les données historiques indiquent que sur cinq jours de déplacement, le centre du cyclone tropical restera à l'intérieur du cône environ 60 à 70 % du temps.

Une idée fausse souvent associée au cône d'incertitude est qu'il représente l'étendue spatiale du cyclone tropical. C'est-à-dire, et à tort, que si la zone d'intérêt de l'utilisateur se situe à l'intérieur du cône, il se préparera à faire face à cet événement; s'il se trouve à l'extérieur du cône, il n'en fera rien. Comme les options a, b et d contiennent des indications sur la préparation à une situation d'urgence et une interprétation erronée du cône, elles sont incorrectes.

Le cône d'incertitude est conçu pour estimer où se trouvera le centre du cyclone tropical entre 60 et 70 % du temps. Des dangers liés aux cyclones tropicaux s'étendent souvent bien loin du centre et surviennent à l'extérieur du cône. Le centre de la tempête reste à l'extérieur du cône environ un tiers du temps et des impacts s'observent bien au-delà du cône. L'ampleur de ces dangers et les endroits qu'ils toucheront devraient seulement figurer dans des prévisions formulées à cet effet.

Quand un prévisionniste présente la trajectoire d'un cyclone à l'aide du cône, il doit l'accompagner d'information comme une carte de la probabilité de la vitesse du vent, afin de communiquer la position potentielle et le risque de vents d'ouragan ou de tempête tropicale. Le National Hurricane Center des États-Unis diffuse le cône d'incertitude sans la ligne noire centrale. Ces cartes sont conçues de façon que les décideurs ne s'attardent pas sur une trajectoire prévue précise, mais plutôt sur le cône en entier, qui estime les trajectoires possibles de la tempête.

Voici à quoi l'exposé météorologique présentant le cône ci-dessus ressemblerait : le centre de la tempête tropicale Isaac devrait balayer les îles Sous-le-Vent mercredi en soirée ou dans la nuit, et s'approcher de Puerto Rico jeudi ou jeudi soir. Des avertissements de tempête tropicale sont en vigueur pour les îles Sous-le-Vent, Puerto Rico et les îles Vierges britanniques et américaines. Étant donné qu'Isaac devrait s'intensifier et se transformer en ouragan à mesure qu'il s'approche de Puerto Rico, une veille d'ouragan est aussi en vigueur pour Puerto Rico et les îles Vierges américaines. Le centre d'Isaac devrait passer sur Hispaniola ou tout près vendredi, se situer entre la Jamaïque et le sud-est des Bahamas samedi; et, entre le nord-ouest de la mer des Caraïbes et le nord-ouest des Bahamas dimanche.

Veuillez choisir une réponse.

La création d'un cône d'incertitude » Les erreurs de prévision de trajectoire des jours 1 à 5

Une autre façon d'examiner l'incertitude inhérente des trajectoires prévues de cyclones tropicaux consiste à calculer l'erreur moyenne pour divers délais de prévision. Examinons une autre représentation graphique des erreurs moyennes de trajectoires sur le bassin atlantique.

L'animation ci-dessus montre les erreurs moyennes de trajectoires qu'a calculées le NHC pour divers délais de prévision, pour le point de prévision de Charleston (Caroline du Sud). Les cercles de couleur représentent l'étendue de l'erreur moyenne des trajectoires correspondant à chaque période de prévision.

Imaginez un ouragan qui arrive du sud-est et qui devrait toucher la côte à Charleston (Caroline du Sud) le jour 5. Notez que l'erreur moyenne des trajectoires le jour 5 couvre une grande zone qui s'étend du nord-est de la Floride jusqu'aux bancs extérieurs de la Caroline du Nord, le long de la côte. Cette situation pourrait se terminer de deux façons :

  1. L'ouragan touche la côte et poursuit sa course à l'intérieur des terres;
  2. L'ouragan reste au large, dans l'océan Atlantique Ouest.

À mesure que le délai de prévision raccourcit, l'erreur moyenne des trajectoires s'amenuise au-dessus de Charleston, si bien sûr cette ville reste le point d'arrivée du système. La prévision du jour 3 possède une erreur moyenne de trajectoires d'environ 100 milles marins, à partir de la position prévue. L'erreur moyenne des trajectoires continue de s'amoindrir à mesure que nous nous approchons de la période de veille et d'avertissement.

La création d'un cône d'incertitude » Scénarios des trajectoires pour le jour 2

Bien que les erreurs moyennes de trajectoires diminuent avec les délais de prévision, les impacts pourraient différer considérablement selon la position par rapport à un endroit donné.

Question

Cercle d'incertitude du jour 2 et trajectoires possibles des cyclones tropicaux.

Examinez la carte ci-dessus et associez les scénarios aux impacts potentiels du vent et des ondes de tempête à Charleston (SC). Utilisez la liste déroulante pour choisir le scénario qui correspond le mieux à l'énoncé.

a) Potentiel d'impacts le plus bas pour Charleston :
b) Potentiel d'impacts moyen pour Charleston :
c) Potentiel d'impacts le plus élevé pour Charleston :

Les bonnes réponses figurent ci-dessus. Les impacts du vent et de l'onde de tempête touchant Charleston s'avéreraient les plus forts pour le scénario 2. Tous ces scénarios demeurent également possibles, en raison de l'état actuel de la modélisation numérique des trajectoires de cyclones tropicaux et de l'erreur moyenne des trajectoires calculée par le NHC pour le jour 2. L'onde de tempête la plus élevée et les vents les plus forts pourraient survenir à n'importe quel endroit situé dans le cercle ou près de celui-ci.

Ces trois scénarios montrent l'incidence des petits changements de trajectoire prévue sur les impacts potentiels, malgré la diminution des erreurs moyennes de trajectoires due aux courts délais de prévision. Il importe que les utilisateurs comprennent que de petits changements dans la trajectoire d'un cyclone tropical puissent produire des différences considérables quant aux impacts. Il faut donc tenir compte de ces différences quand vient le temps de déterminer les dangers potentiels. Voilà pourquoi les avertissements d'ouragan et les ordres d'évacuation couvrent une zone côtière beaucoup plus grande que ce que la prévision déterministe indiquerait. Étant donné l'état actuel de la science, il est impossible de prévoir l'heure et l'endroit exacts d'arrivée à terre du système plus de quelques heures à l'avance. En conséquence, les décideurs doivent se servir de produits qui tiennent compte de l'incertitude quand ils se préparent à limiter les impacts d'un cyclone tropical. Le prévisionniste doit éviter de se montrer trop précis lorsqu'il discute des dangers et des impacts potentiels liés à un cyclone tropical qui touchera terre dans 24 heures et plus.

Les prévisions probabilistes de vent et d'ondes de tempête du NHC tiennent compte de ces incertitudes. Révisez les modules La prévision d'onde de tempête issue de cyclones tropicaux et Determining the Onset and Risk of Tropical Cyclone Winds (en anglais) pour approfondir le sujet.

Les messages destinés au public et aux décideurs ne doivent pas être trop précis quand apparaît le cyclone tropical. Ils doivent ensuite contenir plus de détails à mesure que la tempête s'approche du littoral. Présenter trop de détails trop tôt laisse penser que nous en savons déjà plus qu'il en est véritablement. Le graphique ci-dessous illustre cette notion par rapport aux impacts. L'axe horizontal représente le temps et l'axe vertical montre les connaissances que possède le bureau météorologique sur les impacts. Plus la tempête tropicale s'approche de la côte, plus nous anticipons avec précision ses impacts, puisque nos prévisions se raffinent.

Modèle conceptuel des connaissances du bureau météorologique des États-Unis en matière d'impacts des cyclones tropicaux.

Comme l'illustre le graphique ci-dessus, le nombre de produits augmente à mesure que le cyclone tropical s'approche du littoral. De plus, ces produits fournissent des détails supplémentaires utiles aux décideurs.

Les autres erreurs de trajectoires

En plus de l'erreur moyenne de trajectoires, le NHC surveille l'erreur longitudinale (chronologique; flèche rouge) et l'erreur transversale (directionnelle; flèche violette), qui nous indique si la position se trouve trop à gauche ou trop à droite.

Si le cyclone tropical ne se déplace pas exactement le long de la trajectoire prévue dans le cône, mais plutôt parallèlement à celle-ci, nous pouvons comparer où se situe réellement le centre de la tempête par rapport à la position prévue à un temps donné (erreur de chronologie). La trajectoire prévue est-elle trop rapide ou trop lente? L'erreur directionnelle (flèche violette) nous indique si la position prévue se trouve trop à gauche ou trop à droite.

Exemples d'erreurs transversale et longitudinale pour une trajectoire (NHC).

La carte ci-dessous montre les erreurs de trajectoire selon la chronologie (ligne rouge) et selon la direction (ligne violette). L'axe vertical représente l'erreur sur la prévision en milles marins et l'axe horizontal, le délai de prévision en jour et en heure. Le nombre de cas étudiés pour chaque période de prévision figure le long de l'axe horizontal supérieur.

Erreur officielle de trajectoires prévues (NHC) selon la région.

Question

Lequel des énoncés suivants décrit le mieux les erreurs chronologique et directionnelle? Veuillez choisir la meilleure réponse.

La bonne réponse est c.

Les différences entre les erreurs chronologique et directionnelle demeurent faibles durant les deux premiers jours de la prévision. Ensuite, l'erreur chronologique est beaucoup plus grande que l'erreur directionnelle.

Lorsqu'ils s'approchent des États-Unis, les cyclones tropicaux ont souvent tendance à tourner vers le nord. Les cyclones tropicaux situés près de l'équateur se déplacent souvent plus rapidement que prévu en raison de l'intensité de la crête subtropicale et des vents d'est profonds qui les guident. Le National Hurricane Center des États-Unis s'améliore en ce qui concerne la composante directionnelle prévue, mais la prévision de la vitesse de déplacement d'un cyclone tropical reste difficile. En conséquence, le prévisionniste ne peut déterminer, à long terme, l'heure précise à laquelle un cyclone tropical touchera le littoral. Dans le cas d'un délai de prévision d'un ou deux jours, le prévisionniste préférera s'en tenir à des intervalles de 12 heures pour décrire l'arrivée des vents de tempête. Au-delà de ces quelques jours, il mentionnera plutôt des périodes de 24 heures ou simplement le jour de la semaine. Par exemple, si des vents de tempête sont prévus pour le jour suivant, le prévisionniste mentionnerait une arrivée possible entre jeudi soir et vendredi matin. S'il s'agit d'une prévision de plusieurs jours, il est préférable de ne préciser que le jour : samedi ou dimanche, par exemple.

Veuillez choisir une réponse.

La prévision de l'intensité de cyclones tropicaux dans le bassin atlantique

La prévision de l'intensité d'un cyclone tropical comporte aussi sa part d'incertitude. Le graphique ci-dessous montre l'évolution, au fil des 25 dernières années, des erreurs officielles qu'a calculées le NHC pour l'intensité prévue. Chaque couleur représente l'erreur moyenne sur cinq ans de l'intensité prévue selon la période de prévision.

Tendance des erreurs officielles d'intensité prévue (NHC) pour le bassin atlantique.

Notez que pour la période de 2010 à 2014, les erreurs d'intensité prévue ont diminué, surtout pour des délais de prévision de 72 à 120 heures. Il reste à démontrer si cette tendance indique une amélioration réelle ou s'il s'agit d'une coïncidence. Au cours de ces années, dans le bassin atlantique, le nombre d'ouragans intenses avait diminué, tout comme les cas d'intensification rapide. Toutefois, la tendance récente laisse penser que les prévisions d'intensité du NHC commencent à s'améliorer. Malgré l'amélioration des prévisions d'intensité au cours des cinq dernières années, l'incertitude n'a pas disparu pour autant. Les erreurs moyennes d'intensité issues du NHC pour les jours 1 et 2 correspondent à environ une catégorie, selon les vents de l'échelle de Saffir-Simpson pour les ouragans. Ainsi, il est préférable de mentionner une plage de catégories en ce qui concerne l'intensité potentielle du système qui touchera terre. De 5 à 10 % du temps, deux catégories séparent la prévision d'intensité du NHC et l'intensité réelle. Veillez à tenir compte de cette incertitude.

La prévision de l'intensité de cyclones tropicaux dans le bassin atlantique » Les erreurs de prévision d'intensité du jour 2

Examinons les prévisions officielles d'intensité du NHC pour le bassin atlantique, entre 2008 et 2012. L'histogramme ci-dessous montre la distribution des erreurs d'intensité prévue pour la période de prévision de 48 heures. L'axe horizontal indique l'erreur sur la vitesse du vent en nœud. Une valeur de zéro coupe l'abscisse en deux. À gauche figurent les intensités prévues trop faibles et à droite, les intensités prévues trop fortes.

Erreur de prévision d’intensité de 48 h entre 2008 et 2012 (NHC) dans le bassin atlantique.

Question

Selon ce graphique, le prévisionniste a-t-il tendance à surestimer ou à sous-estimer l'intensité d'un cyclone tropical? Veuillez choisir la meilleure réponse.

La bonne réponse est b.

Notez que la fréquence des erreurs montre un léger biais positif (à droite du zéro). Cette asymétrie laisse penser que le NHC tend à errer vers la surestimation de l'intensité des cyclones tropicaux pour la période de prévision de 48 heures. En revanche, quand la prévision du NHC erre fortement, l'intensité prévue tend à être trop faible en raison de la difficulté à prévoir une intensification rapide. En général, en ce qui concerne l'intensité, les erreurs sur la prévision des jours 2 à 5 du NHC restent de l'ordre d'une catégorie, selon les vents de l'échelle de Saffir-Simpson pour les ouragans. Pour certaines parties des États-Unis et des Caraïbes, il est préférable de se préparer à affronter les impacts de la catégorie juste au-dessus de celle que prévoit le NHC, et ce, en raison de la difficulté à prévoir l'intensification rapide d'un système.

Veuillez choisir une réponse.

La prévision de l'intensité de cyclones tropicaux dans le bassin atlantique » L'erreur de trajectoire selon l'intensité initiale

Le graphique ci-dessous montre les erreurs officielles de trajectoires prévues du NHC pour tous les cyclones tropicaux du bassin atlantique, de 2011 à 2014. Les prévisions sont classées selon l'intensité initiale du cyclone tropical. Ces données nous permettent de déterminer dans quelle situation la prévision de trajectoires se révèle problématique.

Erreurs officielles de trajectoires prévues (NHC) selon l'intensité initiale du système, entre 2010 et 2014, pour le bassin atlantique.

Question

Que remarquez-vous quant à la précision des trajectoires prévues de dépressions tropicales et de tempêtes tropicales de faible intensité par rapport à celle des trajectoires d'ouragans? Utilisez la liste déroulante pour choisir la bonne réponse.

a) La prévision de dépressions tropicales et de tempêtes tropicales de faible intensité est
b) La prévision d'ouragan est

La bonne réponse figure ci-dessus. Le National Hurricane Center des États-Unis prévoit mieux la trajectoire d'ouragans que la trajectoire de dépressions tropicales ou de tempêtes tropicales. Ces dernières sont sujettes à des erreurs de prévision accrues, car les modèles numériques ne les simulent pas avec autant de précision que les systèmes intenses. La position du centre du cyclone tropical et son déplacement initial restent incertains quand le système est faible.

Information supplémentaire

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur la vérification de la prévision de cyclone tropical et les erreurs qui la minent, consultez la page (en anglais) du National Hurricane Center à l'adresse www.nhc.noaa.gov/verification. Cette page contient des informations de base sur les procédures de vérification, ainsi que des rapports annuels du NHC qui incluent de plus amples renseignements sur les erreurs de prévision présentées dans ce module.

Image d'une page Web du National Hurricane Center des États-Unis.

Résumé

Le cône d'incertitude est un produit qui sert à présenter l'incertitude de la position prévue du centre d'une tempête. Il indique où devrait se trouver le centre du cyclone tropical de 60 à 70 % du temps. Le cône d'incertitude sert aussi d'outil de présentation pour décrire la trajectoire prévue d'un cyclone tropical, les changements prévus d'intensité, et les veilles et avertissements qui ont été émis. Pour communiquer des renseignements supplémentaires sur les impacts d'une tempête, utilisez plutôt des prévisions probabilistes de vents et d'ondes de tempête, qui indiquent où ces phénomènes frapperont.

Il faut retenir que le cône d'incertitude ne représente pas l'étendue spatiale de la tempête. La carte ci-dessous montre le cône d'incertitude superposé à une image satellitaire d'ouragan. Le cône n'indique que l'incertitude de la trajectoire du centre du cyclone tropical, il ne tient pas compte de la taille du système. Cet exemple (ouragan Ike) démontre que les impacts de la tempête s'étendent bien au-delà du cône d'incertitude, qui représente la trajectoire possible du centre de la tempête.

Cône d'incertitude de l'avis n° 47 superposé à l'imagerie satellitaire infrarouge de l'ouragan Ike (2008).

Les prévisions de trajectoires du National Hurricane Center des États-Unis (NHC) se sont constamment bonifiées au fil du temps. L'amélioration de ces prévisions découle du progrès des modèles numériques du temps qu'utilise le NHC. Les erreurs moyennes de trajectoires prévues peuvent servir de valeur de référence pour estimer les prévisions de trajectoires au jour le jour.

Une incertitude considérable mine toujours le processus de prévision de cyclones tropicaux. Les prévisionnistes, entre autres, devraient utiliser tous les produits de prévision à leur disposition quant aux systèmes tropicaux, afin de bien analyser la situation. Cette analyse devrait inclure une référence à la description de la situation météorologique spécifique à un cyclone tropical, où l'on y décrit les incertitudes et le degré de confiance de la prévision récente. Il est souhaitable de connaître les erreurs moyennes des valeurs prévues, en plus des conditions météorologiques actuelles et des caractéristiques propres à la tempête visée.

L'exposé météorologique devrait mentionner cette incertitude. Les messages ne devraient pas décrire précisément la trajectoire, la chronologie, l'intensité et les impacts d'un cyclone tropical quand le délai de prévision est relativement long. Des détails supplémentaires pourront être transmis aux décideurs et inclus dans les messages locaux à mesure que la tempête s'approche de la côte. Le graphique ci-dessous relie le délai avant l'impact aux produits utilisés et aux messages transmis.

Modèle conceptuel des connaissances du bureau météorologique des États-Unis en matière d'impacts des cyclones tropicaux.

Contributeurs

Commanditaires de COMET

Le programme COMET® est financé par le National Weather Service (NWS) de la NOAA. Ces organismes y contribuent aussi :

  • Bureau of Meteorology of Australia (BoM)
  • Bureau of Reclamation du United States Department of the Interior
  • National Environmental Satellite, Data and Information Service (NESDIS) de la NOAA
  • National Geodetic Survey (NGS) de la NOAA
  • Naval Meteorology and Oceanography Command (NMOC)
  • Organisation européenne pour l'exploitation des satellites météorologiques (EUMETSAT)
  • Service météorologique du Canada (SMC)
  • U.S. Army Corps of Engineers (USACE)

Contributeurs du projet

Gestionnaire et coordonnatrice du programme et du projet
  • Elizabeth Page — UCAR/COMET
Chef de projets
  • Tsvetomir Ross-Lazarov — UCAR/COMET
Conception pédagogique
  • Tsvetomir Ross-Lazarov — UCAR/COMET
  • Vanessa Vincente, météorologiste invitée, CIRA/Colorado State University
Conseillers scientifiques principaux
  • John Cangialosi, spécialiste des ouragans, National Weather Service, National Hurricane Center
  • Daniel Brown, spécialiste principal des ouragans et météorologiste coordonnateur des alertes, National Weather Service, National Hurricane Center
Conseillers scientifiques
  • Pablo Santos (Ph. D.), météorologiste responsable, National Weather Service
  • Andy Devanas, responsable de la science et des opérations, National Weather Service
  • David Sharp, responsable de la science et des opérations, National Weather Service
  • Shannon White, instructrice AWIPS, Forecast Decision Training Branch
  • Matthew Moreland, météorologiste, interventions en cas d'urgence, National Weather Service
  • John Koch, chef adjoint, Eastern Region Headquarters, Meteorological Services Division
  • Jennifer McNatt, spécialiste des interventions en cas d'urgence, Southern Region Headquarters,
    National Weather Service
  • Paula Brown (Ph. D.), scientifique invitée, CIRA/Colorado State University
  • Vanessa Vincente, météorologiste invitée, CIRA/Colorado State University
Illustrations et animations
  • Steve Deyo — UCAR/COMET
  • Sylvia Quesada — UCAR/COMET
Création multimédia et d'interface
  • Gary Pacheco — UCAR/COMET
  • Tsvetomir Ross-Lazarov — UCAR/COMET
Production et édition audio-vidéo
  • Steve Deyo — UCAR/COMET
Traduction française
  • Julie Dion — Traduxi
 

Personnel de COMET, été 2015

Direction
  • Rich Jeffries (Ph. D.), directeur
  • Greg Byrd (Ph. D.), directeur adjoint
  • Lili Francklyn, spécialiste du développement des affaires
Administration
  • Elizabeth Mulvihill Page (Ph. D.), chef de groupe
  • Lorrie Alberta, administratrice
  • Hildy Kane, assistante administrative
Services informatiques
  • Tim Alberta, chef de groupe
  • Bob Bubon, administration des systèmes
  • Dolores Kiessling, ingénieure en logiciel
  • Joey Rener, étudiant-assistant
  • Malte Winkler, ingénieur en logiciel
Services pédagogiques et graphiques
  • Bruce Muller, chef de groupe
  • Alan Bol (Ph. D.), scientifique, conception pédagogique
  • Steve Deyo, conceptions graphique et 3-D
  • Lon Goldstein, conception pédagogique
  • Bryan Guarente, conception pédagogique
  • Vickie Johnson (Ph. D.), conception pédagogique (contribution occasionnelle)
  • Gary Pacheco, conception et développement Web
  • Tsvetomir Ross-Lazarov, conception pédagogique
  • Julie Dion, traduction française — traduxi.com
  • Andrea Smith, météorologiste, conception pédagogique
  • Marianne Weingroff, conception pédagogique
Groupe scientifique
  • Wendy Schreiber-Abshire, chef de groupe
  • William Bua (Ph. D.), météorologiste
  • Frank Bub (Ph. D.), océanographe (contribution occasionnelle)
  • Lis Cohen, météorologiste (contribution occasionnelle)
  • Patrick Dills, météorologiste
  • Matthew Kelsch, hydrométéorologiste
  • Elizabeth Mulvihill Page (Ph. D.), météorologiste
  • Amy Stevermer, météorologiste
  • Vanessa Vincente, météorologiste invitée, CIRA/Colorado State University